Les aspects

L’expérience astrologique a démontré que les effets d’une même planète, étaient en étroite relation avec la position des autres corps célestes par rapport à la planète considérée. En d’autres termes quand, dans le Ciel, Saturne et le Soleil sont à une distance de 90°, par exemple, les effets de ces deux astres ne sont pas les mêmes que si leur distance était de 60°, 100° ou 120°, etc. De là est née la théorie des aspects planétaires qui se divisent en deux grandes catégories ; les aspects bénéfiques ou harmonieux ; les aspects maléfiques ou dissonants. Entre ces deux extrêmes, il y a place pour de nombreuses nuances. Les astrologues ne sont pas tous d’accord sur la nature des aspects et il faut reconnaître que les théories courantes se trouvent parfois infirmées par la statistique, cette dernière ayant démontré que l’influence d’un même aspect, par exemple un carré, n’est pas la même suivant que cet aspect est droit ou gauche. D’autre part, certains trigones paraissent avoir un effet bénéfique infime, alors que certains carrés ne semblent pas exercer un effet maléfique appréciable.

Les données qui vont suivre, concernant la nature bénéfique ou maléfique des aspects, bien que représentant les opinions les plus autorisées et aussi les fruits d’une assez longue expérience, sont donc susceptibles de modifications ultérieures, à mesure que la science astrologique progressera. Voici la liste et la nature des aspects couramment utilisés.

 

Abréviation Nom de l'aspect Distance
Conjonction
Dodectil 30°
Sextil 60°
Quadrature 90°
Trigone 120°
Quinconce 150°
Opposition 180°

 

Quand deux planètes ont une même longitude (quand leur distance angulaire est nulle), elles sont en conjonction, aspect le plus important de tous. Sa nature est variable suivant les astres et c’est ainsi que la conjonction de Jupiter avec Vénus est très bénéfique, celle de Jupiter avec les autres planètes, sauf Mars, est également bénéfique ; il en est de même de la conjonction de Vénus qui est favorable, sauf avec Saturne, Mars et Uranus ; celle de Vénus et Neptune est douteuse. Les conjonctions de Saturne sont toutes maléfiques, sauf avec Jupiter, les conjonctions de Mars sont toujours mauvaises ; celles d’Uranus également, sauf avec Mercure ; celles de Neptune ne sont favorables qu’avec la Lune ou Mercure et encore au point de vue intellectuel seulement. Les conjonctions des planètes neutres (Soleil, Lune, Mercure) sont bonnes avec les Bénéfiques et mauvaises avec les Maléfiques ; les conjonctions entre les planètes neutres sont plutôt bonnes ou indifférentes. Quand la distance angulaire entre deux astres est de 30° ils sont en aspect Dodectil ou Semi-sextil qui est faiblement bénéfique. La distance angulaire de 45° correspond au Semi-carré (ou Demi-carré) aspect faible mais de nature maléfique ; celle de 60° à l’aspect Sextil, de nature bénéfique ; celle de 90° à la Quadrature ou Carré qui est l’aspect le plus mauvais ; celle de 120° au Trigone aspect le plus bénéfique ; les distances de 135° et 150° correspondent respectivement aux aspects Sesqui-carré et Quinconce tous deux faiblement maléfiques [1] ; enfin quand deux planètes sont à 180°, il y a Opposition, aspect nettement maléfique. Certains auteurs disent que l’opposition est le plus mauvais aspect, d’autres disent que c’est le carré et cette seconde opinion paraît prévaloir à l’heure actuelle. Pour la conjonction les avis sont également très partagés. D’ailleurs, pour évaluer les effets bons ou mauvais de n’importe quel aspect douteux, il est indispensable de considérer l’état céleste et surtout l’état terrestre des deux astres en cause et d’appliquer la règle suivante :

La bonne position céleste et terrestre des deux planètes en aspect mutuel harmonieux renforce les effets bénéfiques. Elle diminuerait, par contre, les effets pernicieux d’un aspect dissonant.

La mauvaise position céleste et terrestre renforce les mauvais aspects et diminue l’efficacité des bons.

Suivant que l’état céleste ou terrestre est très bon, bon, passable, médiocre, mauvais ou très mauvais, on a un grand nombre de nuances dont l’évaluation est en grande partie une question de jugement.

D’un autre côté, ne pas perdre de vue qu’un aspect peut être heureux pour certaines choses et malheureux pour d’autres.

On pourrait ajouter à la liste précédente les aspects suivants : le décil (36°), le quintil (72°), le bi-quintil (144°), etc., mais leur nature bénéfique ou maléfique n’est pas rigoureusement établie, non plus que leur efficacité.

Il est évident que deux astres ne se trouvent que très rarement à une distance angulaire de 60° ou 120° ou 150° exactement ; mais la pratique ayant démontré que l’influence de l’aspect se prolongeait en deçà et au-delà, on a été amené à attribuer aux chiffres de base 0°, 30°, 45°, 60°, etc., un orbe variable suivant le genre d’aspect et suivant les astres en présence. Voici les orbes que nous préconisons : Soleil et Lune 10° pour la conjonction ; 9 pour le Trigone ; 8 pour le carré ; 6 pour le sextil ; 10 pour l’opposition ; 4 pour les autres aspects mineurs. La conjonction Soleil-Mercure ne doit être prise en considération que si l’orbe est inférieur à 5°. Pour toutes les autres planètes l’orbe est de : 8° pour les conjonctions et oppositions ; 7° pour le trigone et le carré ; 5° pour le sextil ; 3° pour les autres aspects. Ces chiffres peuvent être augmentés d’un point pour Jupiter et Saturne. Pour les pointes du MC et de l’AS, l’orbe est de 5°. Deux planètes seront en aspect tant que leur distance angulaire ne s’écartera pas du chiffre de base (par ex. 120° pour un trigone) de plus de la moitié de leurs orbes. La Lune et le Soleil seront donc en trigone depuis 111° de distance angulaire jusqu’à 129°, en opposition depuis 170° jusqu’à 190°, etc.

Il est évident que, plus un aspect est exact, plus il est puissant. Disons aussi que, pratiquement, au lieu de mesurer la distance angulaire exacte, on se contente, pour évaluer les aspects, de prendre en longitude la distance de deux astres (sans tenir compte de leur latitude qui fait varier légèrement leur distance angulaire et sans tenir compte de la parallaxe).

On appelle Aspects gauches ceux qui se forment dans le sens des signes du Zodiaque (sens direct) : le Soleil à 15° du Bélier enverra un trigone gauche à Jupiter à 15° du Lion, tandis que ce dernier envoie un trigone droit au Soleil. Les aspects droits sont donc ceux qui se forment contre l’ordre des signes (sens rétrograde). Dans l’interprétation, on attribue une influence plus puissante aux aspects gauches qu’aux aspects droits. On dit aussi aspect dextre et aspect senestre.

En plus des aspects décrits ci-dessus et basés uniquement sur les distances angulaires, il faut considérer les aspects « Parallèles » (P.) de déclinaison. Deux astres sont en P. quand leur déclinaison nord ou sud présente la même valeur à 1° près (certains auteurs préconisent comme orbe 2°). Le parallèle possède la même signification que la conjonction, mais il est beaucoup plus faible. Enfin mentionnons les Antisces (A.) et Contre-Antisces (CA). Il y a antisce quand deux astres sont à la même distance (en longitude) de la ligne des solstices (0° Cancer, 0° Capricorne). Ex. Soleil à 20° Gémeaux est antisce à Jupiter à 10° Cancer. Les effets de l’antisce sont semblables à ceux de la conjonction mais plus faibles. Il y a contre-antisce quand deux astres sont à la même distance de la ligne des équinoxes (0° Bélier, 0° Balance). Ex. Soleil à 10° Poissons et Vénus à 20° Bélier. Les effets du CA sont similaires à ceux de l’opposition, mais plus faibles.

Avant de passer à l’étude de la signification attribuée à chaque aspect, voici l’opinion de l’astrologue allemand Baron Von Kloeckler sur les aspects (texte traduit et communiqué par A. Kern) : « A plusieurs reprises Kloeckler insiste sur le fait qu’il n’existe pas strictement d’angles (ou aspects) harmonieux ou dissonants. Les aspects bénéfiques ne sont pas toujours favorables et doués de puissance active qui opère productivement. Par contre les quadratures, etc., prétendues maléfiques ou défavorables, développent souvent des puissances propices à activer les aptitudes innées. Cependant celles-ci déploient des forces qui se heurtent réciproquement, s’entravent et altèrent une coopération. Du moins pourrait-on formuler la règle suivante, que l’influence des aspects maléfiques entre des planètes bénéfiques est analogue à celle des angles harmonieux entre planètes maléfiques. »

1. Il s’agit ici de l’opinion courante, mais il est probable que le quinconce fait le pendant au sesqui-carré et doit être plutôt favorable.

Source : Dictionnaire astrologique, H. -J. Gouchon
AG33
Posté le 03/01/2009 14:03:42 voir Piobb, Formulaire de Haute-Magie, pages 73 et 74
Matemius
Posté le 07/11/2013 16:19:38 pour information, ces quelques pages ont été entièrement retranscrites dans l'article intitulé "Astrologie magique" de la présente rubrique.
Invité
Posté le 20/03/2019 16:39:39