LES GENETS

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Posté le 03/06/2018 07:40:28
Symbole, en certaines régions du Nord, dans le sens des points cardinaux, et de la fonction royale, la fleur de genêt ou d’ajonc pourrait avoir été, dit-on, à l’origine de la fleur de lis héraldique, ou du rameau d’or. Il va s’en dire qu’une telle origine botanique ne suffirait pas à en expliquer le symbolisme.

Une légende raconte que Geoffroy V dit Le Bel, Comte d’Anjou et du Maine, en 1128, chevauchait dans une lande près de la ville du Mans quand il aperçut une licorne à tête de femme et vêtue d’un manteau d’or au milieu d’un champ de genêts. Bouleversé par cette apparition, il choisit de faire de cette plante son emblème et d’en planter sur ses terres, d’où l’origine du nom « Plantagenêt » dont les membres furent Comtes d’Anjou et du Maine, puis par mariage Roi d’Angleterre, Ducs de Normandie et finalement Ducs d’Aquitaine.

Une légende plus ancienne encore évoque la fuite de la Sainte Famille en Egypte. Ainsi, toutes les plantes écartaient leurs rameux pour laisser passer Joseph, Marie et l’Enfant Jésus et les refermaient derrière leur passage pour cacher leur chemin aux soldats d’Hérode. Cependant, une seule resta insensible et raide, le genêt, et c’est pourquoi il fut condamné à demeurer dur et sec jusqu’à la fin des temps.

C’est aussi pourquoi il servit à faire des balais, y compris ceux que chevauchaient les sorcières du Moyen Age. Il servait aussi à construire des cabanes, à chauffer le four des potiers et des boulangers, tandis que son écorce était utilisée pour fabriquer des cordages et des fils assez résistants. C’est pour cela également qu’il conserva longtemps une mauvaise réputation, d’autant qu’on savait qu’il entrait dans la préparation de nombreuses mixtures et philtres magiques.

On finit pourtant par découvrir ses remarquables propriétés thérapeutiques, d’abord comme diurétique d’une puissance exceptionnelle, d’ailleurs des travaux scientifiques on montré qu’il triple l’élimination rénale. Ils ont également démontré que c’était un excellent tonique du cœur. C’est encore un anti-venin. Les recherches dans ce domaine ont eu pour point de départ l’observation des bergers d’Auvergne qui avaient remarqué que les moutons ayant brouté du genêt résistaient aux morsures de vipères ; on constata en effet que la spartéine, extraite du genêt, rend inoffensif le venin de vipère et même celui du cobra.

Les genêts sont des arbustes appartenant à la famille des Fabaceae. Ce nom vernaculaire regroupe en français des plantes appartenant à différents genres : Cytisus, Cytisophyllum, Chamaecytisus, Genista, Spartium, Sarptjaù,is scoparius ou Spartium scoparim, ou appelés aussi Genêt à balais, Spartier à balais, Jumette, Juniesse ou Genettier… Bien des espèces appelées « genêt » sont aussi appelées « cytise ». Ces genres se répartissent en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, y compris les îles macaronésiennes.

Les genêts forment des fruits appelés « gousses » qui se dessèchent à maturité et libèrent les graines.

En tant que diurétique contre l’hydropisie, l’œdème, l’albuminurie, l’insuffisance rénale, la néphrite, l’urémie, les affections des voies urinaires, l’engorgement intestinal, le mauvais fonctionnement du foie et de la vésicule biliaire, les calculs vésicaux, les rhumatismes, la goutte, on utilise soit les cendres de la plante entière fleurie, qu’on fait brûler et dont on recueille les cendres, soit les fleurs fraîches ou séchées.

La technique des cendres est celles qu’emploient le plus souvent les guérisseurs de campagne, elle fait partie de leurs « remèdes secrets », suivant ainsi une tradition fort ancienne puisque le remède de Madame Fouquet, célèbre au XVIIe siècle contre l’hydropisie, n’était autre que des cendres de genêt macérées dans du vin blanc et c’est un traitement identique qui débarrassa au siècle suivant le Maréchal de Saxe, bourreau des cœurs armoiriés et vainqueur de Fontenoy, d’une hydropisie « contre laquelle on avait inutilement mis en usage les ordonnances des plus célèbres médecins de l’armée et de la Faculté de Paris ».

Cependant, les fleurs « qu’on prendrait pour des papillons d’or » comme l’a écrit Chateaubriand dans sa description du printemps en Bretagne dans les Mémoires d’Outre-tombe, sont d’un usage plus facile et conduisent également à d’excellents résultats. Cueillies lorsqu’elles ne sont pas encore complètement épanouies et séchées à l’ombre, elles s’emploient en décoction. On obtient également une excellente tisane diurétique, stomachique, digestive, tonique et hépatique.

Les branches fleuries de genêt étaient utilisées dans les funérailles, on en couvrait le corps des défunts.

Quant à l’appartenance à la symbolique des Gémeaux, il y a cette ressemblance aux papillons qui appartiennent au bestiaire du signe. A noter d’ailleurs que les papillons de nuit se nourrissent de genêt. II y a la couleur jaune qui les caractérise entre autre et puis, ce sont des petites fleurs double et en bouquets, à l’image de ce signe double qui ne peut se complaire dans l’unicité.

Bibliographie

Le Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Nos Grands-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont S.A.
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Posté le 10/12/2019 22:32:27
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