UN SAINT VIRGINIEN… SAINT FIACRE

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Posté le 31/08/2018 06:54:29
Le 30 août, horticulteurs, maraîchers, pépiniéristes, jardiniers et marchands de fleurs fêtent l’anniversaire de leur patron, homme saint, sensible et solitaire.

Saint Fiacre, originaire d’Irlande, avait été éduqué dans un monastère du Comté de Kikenny. Il y acquit des connaissances importantes notamment en phytothérapie. Sa réputation devint toujours plus grandissante comme guérisseur et c’est ce qui incita le saint, en quête d’une plus grande solitude, à quitter l’Irlande. En quittant son île, Fiacre s’installa en Brie pour mieux s’isoler dans la paisible campagne du diocèse de Meaux, où il fonda un humble ermitage en l’honneur de la Vierge. La réputation de sa vie et de sa dévotion exemplaires attira à lui les foules, mais certainement aussi des désagréments de la part des autorités religieuses locales beaucoup trop habituées à l’opulence.

A sa demande d’aménager les annexes de son ermitage pour donner un toit, même précaire, à son auditoire, l’évêque de Meaux lui promit l’espace qu’il pourrait entourer d’un fossé en une journée de travail. Saint Fiacre, malgré son âge et sa santé défaillante, se mit avec ardeur au travail et la terre, pour faciliter sa tâche, se creusa d’elle-même ; les arbustes, sur le tracé du fossé, se déracinaient spontanément et, en fin de journée, le saint avait acquis un enclos substantiel.

La terre ainsi consacrée se révéla d’une prodigieuse fertilité, et ses moissons nourrissaient d’innombrables pauvres qui y trouvaient refuge. Les foules crièrent au miracle, limitées finalement par les autorités.

Cependant, Saint Fiacre était aussi un saint guérisseur, spécialiste du fic, c’est-à-dire des tumeurs en forme de figue, ficus en latin qui a un rapport avec les hémorroïdes, et qu’on appelait le « mal de Saint Fiacre », des chancres, des cancers.

L’histoire de Saint Fiacre n’est pas sans évoquer la symbolique double de la Vierge et des personnages mythologiques qui l’illustrent, à savoir le rapport à la terre, sa culture, son entretien, la nourriture donc, mais aussi sa dimension de guérisseur, avec les soins qu’il donnait et les guérisons qui s’en suivaient.

Fiacre fut l’un des saints les plus populaires de France. De nombreuses églises et chapelles, non seulement en France, mais aussi en Belgique et en Allemagne, possèdent encore une statue plus ou moins rustique de ce moine à capuchon, l’air grave et parfois extatique, tenant une bêche dans une main et un livre dans l’autre. On ne compte pas moins de 522 statues de ce saint, dont 229 antérieures au XVIIe siècle.

A Esclainvilliers, dans la Somme, se trouve l’église de Saint-Fiacre qui possédait sa statue et son gisant, déposé dans un reliquaire avec le bras de Saint Fiacre. Mais lors des guerres de religion la relique fut confiée aux moines de Meaux, qui refusèrent de la rendre une fois les troubles terminés. La cathédrale de Meaux possède donc une relique : le bras de Saint Fiacre.

La ville de Nevers est également liée au culte de Saint Fiacre. En 2008, les jardiniers du bassin maraîcher de la Baratte commémorèrent le tricentenaire de leur confrérie de Saint-Fiacre, la plus ancienne confrérie de la ville. Une association perpétue la tradition locale.

Quant à l’hôtel Saint-Fiacre de la rue Saint-Martin à Paris, il louait des voitures attelées qui très vite furent connues sous le nom de voitures fiacres, puis tout simplement abrégé en « fiacres ». Et c’est ainsi que Saint Fiacre est devenu le patron des cochers d’abord, puis des chauffeurs de taxi.

Source: Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Éditions Bordas
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Posté le 15/12/2019 14:36:10
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