L' Astrologue Empédocle de Sicile......

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Posté le 09/08/2018 08:29:26
Empédocle serait né à Agrigente, en Sicile, en 495 avant Jésus-Christ. Il était issu d’une famille aristocratique. Doté d’une forte personnalité, ce fut un homme d’État, un médecin, un poète. On disait même qu’il accomplissait des miracles. Il était d’ailleurs considéré comme un mystique, un guérisseur et bien sûr un philosophe. Il fut disciple de Pythagore et d’Héraclite. Il fit partie de l’École d’Élée, tout comme Parménide et Pythagore.

Ce fut aussi un ardent démocrate et un homme de grand génie et c’est pourquoi les habitants d’Agrigente lui offrirent la couronne de la ville après la chute de la tyrannie. Mais modeste, il la refusa. Par la suite, comme il avait des idées politiques bien différentes des autres, il fut contraint de s’exiler. Il voyagea donc entre Italie du sud et Grèce.

Les premiers philosophes grecs, en particulier ceux de l’école ionienne, avaient tour à tour proposé comme éléments fondamentaux, la source de toutes choses, l’Eau, l’Air, la Terre et le Feu. Comme le médecin Hippocrate, Empédocle pense que le monde est composé de quatre éléments : le Feu, l’Air, la Terre et l’Eau. Cependant, il soutint que ces quatre éléments n’étaient pas hiérarchisés, mais qu’ils se combinaient grâce à l’amour qui les unissait, et à la discorde qui les séparait. Cette conviction fut presque unanimement admise par les penseurs de la Grèce antique, et Platon l’exposa dans le Timée.

Ces éléments sont, selon Empédocle, éternels, immuables et doués de conscience. Rien n’est crée, rien n’est détruit, tout se transforme selon la proportion de ces quatre éléments dans une même chose. Il affirme que les rapports sont réglés par deux forces : l’amour et la haine, qui les unissent et divisent tour à tour.

C’est Claude Ptolémée qui appliqua la théorie des quatre éléments à l’astrologie dont il fut le codificateur au début de l’ère chrétienne. Il attribua chaque élément à trois signes, c’est ce qu’on nomme la triplicité. Les quatre éléments répondent aux apparences et aux états de la matière. En effet, la Terre est le principe et le support de l’état solide et de la sécheresse. L’eau, quant à elle, est principe et support de l’état liquide et du froid. L’air représente l’état volatil et gazeux et le Feu répond à la fois à la notion de fluide léger, mais est aussi support symbolique de la lumière, de la chaleur et des affinités. Voilà comment Empédocle, ses contemporains et ses successeurs, percevaient les éléments de l’Univers.

Cette doctrine donna naissance à une école médicale, connue sous le nom de Philistion, où les propriétés de ces mêmes éléments : le chaud du Feu, le froid de l’Air, l’humidité de l’Eau et le sec de la Terre, étaient considérées comme les forces actives dont une certaine combinaison dans l’organisme déterminait la santé, le degré d’intelligence et les divers tempéraments ou caractères.

Ce qu’Empédocle apporte à cette classification de l’Univers, c’est le fruit de sa méditation sur l’harmonie de toutes choses, philosophie dynamique de la nature fondée sur le rapport Amour/Haine. Il soutenait que pour que les deux tendances soient liées en elles, il fallait commencer par les séparer et que tout changement avait lieu soit par combinaison, soit par dissociation des éléments. Il affirmait qu’il existait deux puissances actives : l’une qui les réunit quand elles sont séparées, c’est l’Amour ; l’autre, qui les sépare quand ils sont réunis, c’est la Haine.

Enfin, il était un état où tout était uni par l’Amitié, le « sphaïros ». Il était convaincu que même si la Haine prévalait parfois sur l’Amour, ou bien le contraire, tout ramenait quand même au sphaïros. Pour Empédocle, ce rapport entre l’Amour et la Haine signifiait que le monde était toujours en devenir passant par l’unité et par la séparation.

Cependant, Empédocle s’inspira de plusieurs autres philosophes tels qu’Héraclite ou Pythagore. On le définit donc comme « éclectique ». C’est aux Ioniens qu’il prit sa théorie des quatre éléments : Air, Terre, Eau, Feu. Et c’est aux Eléates prendra l’idée que ces éléments sont confondus dans l’unité du tout, théorie qui connut un certain succès jusqu’à l’époque de la chimie moderne.

Au milieu du Ve siècle avant Jésus-Christ, Empédocle tenta de concilier la permanence des substances avec le changement perpétuel des apparences de l’Univers. Pour lui ce qui apparaît comme le commencement ou la fin d’un être n’est qu’une illusion. En réalité, il n’y a rien que mélange, réunion de plusieurs substances. Les éléments dont toutes les choses sont composées consistent en quatre substances différentes, incréées et impérissables : Eau, Terre, Feu, Air.

La théorie des éléments est loin d’être absurde et arbitraire ; elle est née de l’observation du mouvement apparent au cours de l’année, quand la cosmologie était rudimentaire, et n’est que l’expression du bons sens : l’Eau correspond au mouvement déclinant du Soleil, qui s’achève au solstice d’hiver ; la Terre, au point vernal, ou équinoxe de printemps ; Le Feu, au mouvement ascendant du Soleil, trouvant son terme au solstice d’été ; l’Air, à l’équinoxe d’automne. Ce rythme solaire entretenait la succession des saisons, les travaux de la terre, l’aspect des cultures et modifiait le comportement des peuples tirant principalement leurs ressources de l’agriculture.

De là allait découler la théorie des Humeurs qui aura une application directe dans la Médecine et la théorie des Incompatibilités qu’on applique en Astrologie.

C’est Galien qui va appliquer à la médecine la théorie des quatre éléments ou « humeurs peccantes », connue également sous le nom « d’humorisme » comme le formula Gallien : les quatre humeurs, bile, pituite ou atrabile, sang et lymphe, sont à l’origine de toutes les maladies quand elles sont altérées ou en surabondance dans l’organisme humain. A la fin du XVIIe siècle, Pinel et Broussais combattirent cette conception, jusque-là admise par la majorité des physiologistes Au XXe siècle, sous l’influence des travaux de Richet, on y est revenu sous une forme un peu différente.

En astrologie, la théorie des humeurs sert, depuis Ptolémée, à esquisser le profil psychologique. La bile correspond au Feu (Bélier, Lion, Sagittaire), la pituite à la Terre (Taureau, Vierge, Capricorne), le sang à l’Air (Gémeaux, Balance, Verseau) et la lymphe à l’Eau (Cancer, Scorpion, Poissons). Enfin, on parle d’Incompatibilité lorsqu’il y a dissonance entre la planète maîtresse d’un signe de nature élémentaire donnée transite dans un signe d’une nature opposée. On tient compte aussi parfois des incompatibilités entre planètes dites féminines et planètes dites masculines.

Pour en revenir à Empédocle, c’était un orateur hors pair. Il avait de plus la réputation d’être un savant, ce qui ne l’empêchait pas d’être un champion de courses de chars. Gallien en parle comme le fondateur de l’école sicilienne de médecine, connue sous le nom de « Philistion », qui est à la base de sa doctrine des quatre éléments.

Il était poète à ses heures et composa pour un ami « De la nature de l’Univers » et pour le peuple d’Acragas le poème « Purification ». Empédocle s’efforce d’y expliquer le monde sur des fondements scientifiques et rationnels, une œuvre de 400 vers.

A la fin de sa vie, Empédocle décréta qu’il avait atteint l’état suprême puisqu’il était devenu à la fois philosophe, médecin et même faiseur de miracles. Ce n’était donc plus en mortel, mais un dieu immortel.

De nombreuses versions courent sur la mort d’Empédocle. La plus connue est celle selon laquelle il se suicida en se jetant dans le cratère de l’Etna, laissant sur le bord ses sandales. C’était en 435 avant Jésus-Christ. Une autre version affirme qu’Empédocle sauta dans le cratère de l’Etna pour prouver à ses disciples sa divinité et le volcan aurait, dit-on, recrachait une de ses sandales.

Empédocle fut sans doute le plus étrange et les plus excentrique des Présocratiques. Il était, selon Nietzche : « la figure la plus bariolée de la philosophie ancienne ».

« Il s’habillait de vêtements de pourpre avec une ceinture d’or, des souliers de bronze et une couronne delphique. Il portait des cheveux longs, se faisait suivre par les esclaves et gardait toujours la même gravité de visage. Quiconque le rencontrait croyait croiser un roi » nous rapporte Favorinus d’Arles.

Source: Dictionnaire de l’Astrologie – Jean-Louis Brau – Librairie Larousse – Les Dictionnaires de l’Homme du XXe siècle
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Posté le 10/12/2019 23:23:03
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